Une étrange espèce mutante débarque en Europe, elle se clone toute seule et n’a besoin d’aucun mâle pour se reproduire !

© Wolfgang Stein.


Frank Lyko, biologiste au Centre allemand de recherche sur le cancer, étudie les écrevisses marbrées, qui font 15 centimètres de long, depuis cinq ans. Il y a environ 25 ans, l’espèce n’existait pas. Une seule mutation drastique dans une seule écrevisse a permis de donner naissance à l’écrevisse marbrée. La mutation a autorisé la créature à se cloner et aujourd’hui, elle se répand à travers l’Europe et même d’autres continents. À Madagascar, où elle est arrivée vers 2007, on compte aujourd’hui des millions d’écrevisses marbrées. Elles sont si nombreuses qu’elles menacent les écrevisses indigènes.

Les écrevisses marbrées n’ont pas besoin d’être choyées pour prospérer. Elles peuvent parfois marcher des centaines de mètres pour atteindre de nouveaux lacs et ruisseaux. En Europe, des populations sauvages ont commencé à apparaître en République tchèque, en Hongrie, en Croatie et en Ukraine.

Lorsqu’elle a été identifiée dans les années 1990 comme « l’écrevisse du Texas », l’amateur qui a découvert cette nouvelle écrevisse avait été frappé par sa grande taille et ses énormes lots d’œufs. Une seule écrevisse marbrée peut produire des centaines d’œufs à la fois.

Le plus intriguant pour les chercheurs était que les écrevisses pondaient des œufs sans s’accoupler. Les progénitures étaient toutes des femelles, chacune prête à se reproduire. En 2003, les scientifiques ont confirmé que les écrevisses marbrées fabriquaient en effet des clones d’elles-mêmes.

La nouvelle espèce aurait débuté avec l’accouplement de deux écrevisses. L’une d’elle avait une cellule sexuelle mutée avec de copies de chaque chromosome, au lieu d’une seule. La nouvelle écrevisse femelle s’est donc retrouvée avec trois copies de chaque chromosome. Elle a pu ainsi conduire ses propres œufs à se diviser en embryons et ainsi de suite. Les écrevisses mâles peuvent s’accoupler avec ces nouvelles écrevisses mais il en ressortira toujours des femelles.

Depuis les années 2000, le docteur Lyko et ses collègues ont entrepris de déterminer le génome entier de l’écrevisse marbrée. La richesse des détails génétiques a permis aux scientifiques d’avoir un regard beaucoup plus clair sur les origines bizarres des écrevisses marbrées. Leur ADN ressemble de façon frappante à celle d’un groupe d’écrevisses appelé Procambarus, originaire d’Amérique du Nord et d’Amérique centrale.


L’écrevisse marbrée a donc été déclarée comme une espèce à part entière, appelée Procambarus virginalis. Elle pourra apporter aux scientifiques un grand nombre d’informations sur la reproduction animale. Reste à connaître la durée de vie de cette espèce clonée. Pour le docteur Tucker, « l’asexualité est une fantastique stratégie mais à court terme ».

Source: 7/7

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