Il est payé 16 000 euros pour rester au lit pendant 60 jours!

En septembre 2016, le Medes de Toulouse (Institut de Médecine
et de Physiologie Spatiales) a publié sur son site une petite annonce qui ressemblait à un job de rêve: un recrutement de volontaires pour une étude rémunérée de 16.000 euros et d’une durée de 88 jours, dont 60 jours passés dans un lit. Le but? Analyser les effets de l’apesanteur sur le corps humain afin d’améliorer le retour sur Terre des astronautes envoyés dans l’espace. Baptisée « Cocktail », l’expérience a démarré en janvier avec une dizaine de participants. Des hommes âgés de 20 à 45 ans, en bonne santé, sportifs et non fumeurs. Laurent, 41 ans, est l’un d’entre eux. Il a enfin pu poser un pied par terre le jeudi 6 avril.


« J’aime l’aventure, l’inattendu, les surprises de la vie qui évitent la routine et la monotonie », confie ce photographe freelance, passionné par la conquête spatiale depuis son enfance. « J’ai passé une batterie de tests. Des prises de sang, des tests d’efforts, des radiographies, mais aussi des tests psychologiques poussés. Sur la trentaine de candidats pré-sélectionnés, nous n’avons été que dix à être retenus. » Pendant les deux premières semaines de l’expérience, il a continué à passer des examens. « Jour et nuit, je portais des bracelets qui calculaient mon rythme cardiaque, mon sommeil, etc. Comme tous les autres candidats, je devais aussi faire 11.000 pas, soit environ 8,5 kilomètres, dans la journée. Sans possibilité de sortir, nous nous retrouvions à faire des allées et venues dans les couloirs de l’hôpital. Le spectacle était assez drôle. »


Puis l’étude a véritablement commencé. Pendant 60 jours, Laurent et les autres volontaires ont dû rester totalement allongés, la tête en bas, dans un lit incliné à moins six degrés. « Durant tout ce temps, je pouvais me tourner, changer de position, mais je devais toujours avoir au moins une épaule collée au matelas. Interdiction de s’asseoir! Au bout de quelques heures, le sang vous monte à la tête, vous souffrez de quelques maux de tête, les muscles se déplient, la colonne vertébrale aussi. Trouver le sommeil n’est pas évident. » Cela signifie aussi manger, boire, se laver et aller aux toilettes en restant couché.

« Durant la journée, chacun s’occupe du mieux qu’il le peut. Il y a ceux qui regardent non-stop des films, d’autres qui envoient des e-mails, etc. Moi, j’ai passé une bonne partie de mon temps à lire, à jouer avec des rubik’s cubes ou à tenir un journal de bord. J’ai aussi travaillé en triant mes photos ou effectuant ma comptabilité », raconte Laurent. Il a encore subi une série de tests. Scanner, IRM, biopsie et électrodes faisaient partie de son quotidien. « À chaque fois, les médecins m’informaient des tests et m’expliquaient à quoi ils servaient. C’était très instructif. Aujourd’hui, je suis incollable en anatomie. » La moitié des participants a reçu un cocktail de gélules (d’où le nom de l’étude) à base d’anxiolytiques et d’anti-inflammatoires, mais ce n’était pas le cas de Laurent. « Je n’ai pas eu de grosses complications pendant l’expérience, j’ai simplement souffert de quelques vertiges parce que les cristaux de mes oreilles ont bougé, mais tout est redevenu normal au bout de quelques jours. »


« Finalement, ces 60 jours sont passés assez vite » pour Laurent. Et le 6 avril, il a pu se lever de son lit. « Ça a été très dur. Rien qu’en posant mes pieds sur le sol, j’ai souffert le martyr. J’avais l’impression de marcher sur des centaines d’aiguilles. Je ne sentais plus le bas de mon corps, mes muscles étaient totalement ankylosés. Dès que je marchais, j’avais des bleus. » Il décrit les volontaires comme une « armée de zombies » après l’expérience. « Dans les couloirs, je ne marche pas droit. Si je veux aller à droite, il y a de fortes chances pour que mon corps ne m’obéisse pas et parte vers la gauche. Tout devient un effort, tout est épuisant. » Ses muscles ont fondu, il a dû réapprendre à marcher. « Le pire, c’est surtout de retrouver son équilibre. Quand je ferme les yeux, j’ai des vertiges et je bascule en arrière. »

Heureusement, Laurent a été bien entouré par l’équipe médicale de Toulouse. « Rester allongé si longtemps, ça n’a rien de terrible. Tout est une question de mental et de bonne humeur. Moi, j’ai le sentiment de ne pas avoir perdu mon temps, car j’ai appris à taper sur les touches d’un clavier sans le regarder, j’ai dessiné, visionné des reportages et des documentaires animaliers et beaucoup appris sur moi-même. Et puis, qui sait? Peut-être que cette expérience permettra réellement d’améliorer les conditions de vie des astronautes. J’en tirerais une immense fierté », écrit Laurent, très content de retrouver ses enfants et son chien après trois mois de séparation.

Source: 7sur7.be

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